Farniente


Dimanche 02 février.
Le rythme circadien est pour l’instant resté en France. Nous nous endormons vers 21h et ouvrons les yeux vers 6h. Il nous faudra un peu de temps pour tenter de rallonger les soirées, mais nous nous accommodons bien de ce rythme. Au moins, nous pouvons profiter des journées et c’est bien mieux comme ça. Après un samedi passé sous la pluie, la météo est annoncée plus clémente en ce « jour du soleil ». Je me réveille avant tout le monde et je pars avec mon drone et ma caméra sur la plage, à cinq minutes de marche, afin de profiter du spectacle et faire quelques images. Caméra réglée pour faire un « Timelapse », c’est à dire pour réaliser une animation vidéo, grâce à une série de photographies prises à des moments différents, pour présenter en un laps de temps court, l’évolution d’une situation. Il me faudra donc trente minutes de capture pour une vidéo de vingt secondes, et pouvoir admirer le soleil qui se lève en images accélérées. C’était sans compter sur une couche nuageuse bien basse sur l’horizon, qui cachera le soleil naissant. Tant pis. Je prendrai simplement une photo, et pour la vidéo, je m’y reprendrai. De toute façon, j’en prends plein les yeux. Et c’est bien l’essentiel. Sur cette immense plage, nous sommes une poignée de personnes, venues profiter de ce moment de grâce et de sérénité. Moment rare et pourtant si chronique. On pourrait le contempler tous les jours si nous le pouvions, si nous n’avions pas nos devoirs, nos horaires, nos contraintes. J’éprouve à ce moment là un immense sentiment de liberté. Avoir la possibilité de se connecter à la planète, sans avoir à se soucier du reste, simplement méditer et respirer, apprécier les embruns, comparer les couleurs, admirer les oiseaux qui survolent en rase-motte, et parfois en patrouille, le sable gris et humide. Être à l’écoute de ses sens, l’espace d’un instant. C’est d’une simplicité déconcertante. Et pourtant. Ça semble tellement complexe à mettre en oeuvre au quotidien, voire même complètement farfelu et inutile, diront certains. Qu’importe. Je profite de l’instant présent. Encore une journée qui débute. Elle doit être un cadeau. Ne pas être un fardeau. Tant qu’il y aura des levers de soleil, mon coeur ne cessera de battre pour ceux que j’aime. 

Ce matin, les garçons dormaient encore profondément. Il fallait que l’un de nous reste avec eux dans la chambre. Qui sait ce qu’ils pourraient encore nous inventer ? Valou m’a dit d’aller profiter, de toute façon, demain sera son tour, histoire d’arpenter la plage vers le nord, courir aux aurores, l’océan à l’est, juste aux portes de l’endroit où ces aventuriers sont partis de notre planète pour aller poser le pied sur la lune. Ce cadre est vraiment évasif. Une dizaine de kilomètres de footing, un lever de soleil grandiose, un moment personnel intense, et voilà Valou revenir tout sourire à la chambre. Promis, il faut qu’on lève les garçons la prochaine fois, et qu’on partage tout ça ! Ce sera nettement plus simple avec notre RV… 

Ce dimanche est ensoleillé, ça fait du bien, mais il fait encore frais (après un coup de fil passé en Provence, il s’avère que nous essuyons un déficit de 10°c par rapport au sud de la France … Haaaa … Le rêve américain). Nous passons néanmoins une bonne partie de la journée à flâner au bord de la piscine de l’hôtel, en mode photo souvenir, puis nous partons visiter un peu plus Cocoa Beach. Il se trouve (et nous le découvrons) que c’est l’antre du surfeur le plus connu au monde, « Kelly Slater ». Nous trouvons sa statue (non, il n’est pas mort, il a droit à un hommage de son vivant), et allons faire nos vrais petits touristes, en prenant la pose de « l’attaque du rouleau ». Je trouve tout le monde très à l’aise dans cet exercice. Enfin presque … Je vous laisse juger de ma souplesse légendaire, et vous comprendrez pourquoi je me sens mieux dans les filets d’air, plutôt que dans le milieu des dents de la mer.

Nous avons regardé les statistiques des attaques de requin en Floride, et les chiffres sont assez édifiants. Vous ne me verrez jamais mettre un orteil dans ces eaux ! Je vous le confesse. C’est ma plus grande peur !
Nous rentrons à l’hôtel et passons la soirée devant le Super Bowl. Là, c’est vraiment « La Loose ». On n’avait pas anticipé cet événement. Si on l’avait intégré dans nos préparatifs, on aurait tenté d’y aller, car cette année il se déroule à Miami, à 2h30 de route seulement. On se console avec le fait qu’on assiste au match devant la TV à un horaire décent, mais l’horloge biologique nous rattrape vite, et nous ne tenons pas jusqu’au bout du match.

Lundi, nous cherchons un magasin pour nous acheter un petit souvenir de notre premier séjour aux USA. Nous souhaitons des vêtements en priorité. Nous sommes partis avec des valises (très) peu remplies, histoire de pouvoir joindre l’utile à l’agréable, et nous équiper au fur et à mesure de notre périple. Nous avons vu plusieurs boutiques les jours précédents, mais une enseigne a attiré notre regard. Une façade aux couleurs pastel. Une énorme bâtisse. On se dit que ça doit être l’endroit idéal pour trouver de quoi nous promener sur la plage comme de vrais locaux. Effectivement, il y a de quoi faire. Et encore une fois, le magasin est ouvert 24h/24h ! Pour ceux qui ont lu l’article précédent, on oublie donc les tong chez Walmart, et on vient directement à 4h du mat chez « Ron Jon ». C’est vrai qu’elles ont plus de style ici. Le magasin est superbe et immense. On y trouve de tout. C’est le paradis du surfeur. Nous faisons quelques emplettes est c’est en sortant que nous nous questionnons sur le nom du magasin. C’est en fin connaisseurs que nous apprenons que c’est en fait le plus grand magasin d’articles de surf au monde. Rien que ça. 

Nous allons fêter cette grande nouvelle dans le plus cher des restaurants de Floride, le « Waffle House » du coin. Spécialité d’oeufs brouillés, gaufres, et juke box du nouveau millénaire.

Un brunch plus tard, nous décidons d’aller faire des courses. Lien de cause à effet ? Peut-être. Surement même. Quelques produits nous manquent.  On trouve les éléments fondamentaux, mais je n’ose vous conter la qualité de ces derniers. Concernant le jus de raisin, ça passe. Mais concernant le fromage… Ça fait presque peine. Ils ne connaissent pas le Roquefort, le Camembert, le Saint-Nectaire, le Banon etc… Tout est emballé sous plastique. De vulgaires cubes multicolores sans réel intérêt. 

Mardi, coach Valou nous concocte une séance de sport matinal. Durant l’échauffement, on travaille l’attaque du rouleau … Ça fait du bien. De quoi accepter avec moins de regrets ce goûter de la veille, à base de Donut !

Aujourd’hui, la banque est ouverte en France. Nous l’appelons pour nous assurer que le virement effectué samedi dernier a bien été pris en compte. La banque a du le confirmer, et le virement initial concernant les arrhes est donc parti ce jour uniquement. Avec les délais de traitement, nous ne savons pas quand le dealer recevra cet argent, et nous devons rendre notre chambre d’hôtel ainsi que notre voiture de location samedi matin. Nous verrons bien comment ça se passe. Nous aviserons d’ici là. Nous remplissons tous les papiers demandés par le dealer, et partons une nouvelle fois profiter de la plage et de la piscine, mais cette fois ci avec la baignade, car les températures, tout comme le stress de l’achat, montent tranquillement… 

#roadtrip USA

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