Lundi 10 février.
C’est le grand jour. Celui qui va conditionner tous ceux qui nous séparent de notre retour en France : nous allons chercher notre RV à Leesburg ! Le dealer a bien reçu le virement et nous donne rendez-vous en milieu d’après-midi pour venir réceptionner le véhicule. Nous passons par l’agence de location Hertz à Melbourne, pour ajouter Valou en seconde conductrice sur la voiture, puis nous rejoignons Leesburg avec une certaine aisance, c’est déjà la troisième fois que nous faisons ce trajet.
Le dealer (Paul) et Wayne sont sur le pont. Paul et moi re-faisons le tour extérieur. Nous passons en revue les divers organes de fonctionnement, l’utilisation des vannes pour le circuit d’eau (système fait pour se compliquer la vie), le fonctionnement du auvent (pareil), ainsi que la douchette extérieure (si si, il y en a une). Wayne et Valou examinent l’intérieur, l’utilisation de la climatisation, de la télévision, du système hi-fi et du slide. Nous scotchons notre plaque d’immatriculation temporaire en papier sur la plaque métallique située à l’arrière du RV, et nous prenons la route au crépuscule, après avoir salué tout le monde.
Nous nous arrêtons au Walmart pour acheter de quoi nettoyer et équiper le RV. Il a été très bien entretenu, mais Wayne avait un gros toutou, qui devait adorer se baigner. Il règne donc une odeur de chien mouillé, incrustée dans la moquette et sur le canapé. Nous commençons, vers 20h30, à remplir un caddie avec une shampouineuse, et nous sortirons vers 1h du matin avec deux caddies pleins. De la vaisselle aux housses de matelas, du nécessaire de bricolage aux tringles de rideaux, tout y passe.

Au rayon victuailles, les denrées sont emballées dans des proportions deux à trois fois plus grandes que celles que nous connaissons. Pour l’anecdote, et comme clin d’oeil aux copains militaires, j’ai trouvé le pendant américain de notre « turbo-saucisse ». Cette chère expression, transformée ici en « turbo-beef ». Nous mettrons vingt minutes à passer la caisse, et il est horriblement tard ! Nous rejoignons l’hôtel et nous écroulons.

Mardi matin, Valou démonte tous les encadrements de fenêtres, qui ne nous plaisent pas. De plus, un des stores ne fonctionne plus et reste en position basse. Elle enchaîne en débutant le plus gros du ménage. Quant à moi, je commence à nettoyer la partie poste de pilotage. Le gros bloc central est pourvu de quatre attaches que je retire avec précaution, et je tire sur le bloc. Quelle surprise que de découvrir une bonne partie du moteur, juste là, sous le poste radio, avec vue directe sur le bitume ! L’isolation phonique est pourtant bonne lorsque nous sommes sur la route. En tous cas, ça me permet d’accéder aux branchements du poste radio. J’en profite pour connecter deux câbles qui me permettront de relier le téléphone (et donc toutes nos playlists de musique). Le manque de prise USB ou auxiliaire sur le poste était une de mes déceptions lors de l’achat du véhicule, et voilà le problème réglé ! Bien content de savoir que l’on pourra avaler les miles avec nos musiques préférées.




Dans l’après-midi, nous nous rendons chez notre ami Chris à Palm Bay, afin de nous brancher en électricité et en eau. Chris est un américain, né et ayant grandi en France jusqu’à l’adolescence. Il est désormais pompier sur le site du Kennedy Space Center. Je l’ai rencontré lors du « Melbourne Airshow 2017 » et nous avons depuis gardé contact. Je dois dire que sans lui, le début de l’aventure aurait été bien plus compliqué. Il nous a aidé dans nos premières démarches de visite de RV, et nous a très gentiment « prêté » son adresse postale pour que l’on puisse acheter, immatriculer, et assurer notre maison roulante. Rien que ça ! Nous habitons donc chez lui. Enfin … Pour la partie administrative officielle. Nous profitons de son hospitalité pour continuer à nettoyer le RV. Shampoing des moquettes, du canapé et des banquettes. Vidanges et assainissement du circuit d’eau potable (le robinet de vidange complètement séché par le soleil se brise en morceaux entre mes doigts). Lubrification des joints du slide. Aspirateur. Chris embarque même tous nos encombrants pour les vider dans des bennes spécifiques au travail. Il nous évite la recherche d’une déchèterie locale. Après cette grosse partie de nettoyage effectuée, nous avons le luxe de boire chez lui une bière et un pastis bien frais, avant de rentrer à l’hôtel pour notre dernière nuit. Merci pour tout Chris !
Mercredi matin, nous loupons le réveil, alors qu’il faut libérer la chambre pour 11 heures. Branle-bas de combat ! C’est évidemment le carnage, puisque nous n’avons rien rangé la veille au soir, par fatigue autant que par flemme. Malgré tout, nous transvasons notre « bordel » dans le RV avec efficacité, et nous prenons la route pour Melbourne. Nous rendons le véhicule de location, et nous partons enfin à quatre dans notre nouvelle maison. Ce sont nos premiers kilomètres, que dis-je, nos premiers miles ensemble dans le RV. Direction Kissimmee, au sud d’Orlando, dans notre premier RV Park (c’est le nom donné aux campings aux USA). Mais avant cela, nous nous arrêtons à Camping World, un magasin spécialisé dans les pièces pour RV. C’est un peu le Norauto du camping-car. J’ai besoin de remplacer le robinet de vidange du circuit d’eau. Je trouve la même pièce en quelques minutes. Parfait. Je débute le bricolage sur le parking. L’eau s’évacue rapidement et lorsque je mets en place le nouveau robinet, il n’est pas adapté. C’était pourtant le même, et il n’y a pas d’autre modèle. Bigre ! Je remets l’ancien et nous partons chercher un magasin de bricolage pour trouver du ruban d’étanchéité et un collier de serrage adapté. Je reprends le bricolage sur ce nouveau parking et répare le robinet. Rien de bien méchant, mais c’est une perte de temps conséquente. Si bien que nous arrivons à Kissimmee au crépuscule.
Nous trouvons notre emplacement et débutons les manoeuvres, sans problème particulier. Nous mettons le RV à niveau grâce aux cales et je me rends à l’arrière gauche, afin de connecter les organes. Je branche l’eau. Je branche l’électricité. Je retire le bouchon de vidange des eaux usées en ayant bien vérifié que les vannes étaient fermées et je me prends un bon litre sur les tongs. Grrrrr. Je débranche l’eau. Je me nettoie. Je re branche l’eau et connecte le tuyau de vidange des eaux usées. Bon. Première expérience peu convaincante. Ce n’est pas normal que du liquide soit sorti comme ça. On verra bien à la prochaine connexion.
On tente de brancher l’aspirateur pour reprendre le nettoyage (car ça sent toujours le chien mouillé). Pas de courant dans les prises. Les voyants de test de la batterie indiquent qu’elle se décharge. Les lumières du RV commencent à vaciller. Pas de TV. Le frigo ne fonctionne plus, car nous arrivons sur la fin de la réserve de propane. Bref. Rien ne va. Je tente de comprendre pourquoi l’électricité ne fonctionne pas. En plein examen de la borne à la frontale, le voisin sort pour me demander si tout va bien. Je lui explique le problème et il me dit que les locataires précédents n’ont eu aucun souci. On essaye une autre borne. Même conséquence. Il fait bientôt noir dans le RV. On n’a toujours pas mangé, rien n’est rangé, et demain nous devons attaquer les parcs Disney. Bien… On va se laisser une journée de plus et délayer le rendez-vous avec Mickey et ses amis. Trop de choses ne vont pas. Direction le dodo. On verra tout ça demain.


Jeudi matin, je me rends au bureau d’accueil du RV Park, pour faire le Check-in, demander un plein de propane, et pour parler de notre problème. La réceptionniste me dit de venir faire le plein à l’entrée avec le véhicule, puis elle m’enverra un technicien. Celui-ci arrive très rapidement. Les voisins sortent. C’est l’attraction de la matinée. Tout le monde donne son avis sur le problème électrique. Le technicien me dit qu’il y a un réparateur de RV dans le camping. On fait donc appel à lui. Il vérifie les batteries et le circuit. Tout se trouve dans la trappe située sous le lit à l’arrière. Après plusieurs essais, il nous explique qu’il y a un convertisseur 120V -12V qui n’a rien à faire là, qui tire sur la batterie au lieu de la recharger. Il branche le circuit différemment et contre une centaine de dollars, nous voilà désormais reliés au réseau électrique. Super nouvelle !

Nous faisons donc quelques dizaines de mètres (ou de pieds c’est selon) pour aller faire le plein de propane à l’entrée, et nous revenons nous garer. Je retire le bouchon pour connecter le tuyau de vidange et me prends de nouveau du liquide sur les tongs. Pfffff. Ok. Une des vannes doit être défectueuse. Il nous faut retourner à Camping World. Mais avant cela, un peu de nettoyage s’impose. Aspirateur, shampouineuse, huile de coude, garçons qui s’ennuient, chaleur écrasante … On branche la climatisation. Rien. Absolument rien. Pourtant elle marchait bien hier. On vérifie tout. Rien de rien. Je rappelle le réparateur mais il n’est plus disponible. Après quelques recherches, nous en trouvons un autre. Il facture $95 le déplacement, rien que pour le diagnostic. Pas le choix. Après quelques investigations sommaires, celui-ci nous dit que c’est surement le moteur du ventilateur. Un billet de $500. Aïe aïe aïe. Il monte sur le toit pour vérifier le bloc d’alimentation et suspecte une autre pièce. Bingo. Ce n’est « qu’une » résistance. Une résistance à $175 tout de même. Il nous répétera environ cinq fois : « You’re Lucky, you’re so Lucky ». Quelle belle journée. Les oiseaux s’envolent, comme les dollars, dans un ciel aussi bleu que nous le sommes.

Nous allons acheter nos vannes de remplacement et de quoi faire nos pique-niques pour Disney. Nous changerons les vannes lundi prochain, jour de break après les trois premiers jours de parc. Mais ce soir, le RV est rangé, nettoyé (même si ça sent toujours – il va falloir trouver une solution), l’électricité est là, la fraîcheur aussi, et nous dégustons un bon plat de pâtes au basilic frais, avec un verre de vin rouge d’Argentine. Un très bon moment de calme avant la cohue des prochains jours.


Lundi 17 février, jour de pause. Enfin presque. Valou se remet à un nettoyage en profondeur. Elle confectionne également des housses de coussins pour les banquettes de l’espace repas. Du tissu, une aiguille, du bon fil, des doigts piqués trop de fois et beaucoup de talent plus tard, nos sièges commencent à revêtir une robe bien plus sympathique, et beaucoup moins kitch. Quant à moi, je décortique la documentation de bord pour comprendre le fonctionnement de l’assainissement. Il faut nettoyer le circuit d’eau encore une fois. Et il faut également changer la vanne d’égout défectueuse.



Allez, encore une belle journée de remise en oeuvre avant de repartir chez Mickey puis Universal Studio. Nous viendrons également à bout des odeurs en utilisant une poudre de bicarbonate de soude que nous laisserons agir toute une journée, pendant que nous serons dehors.

Et il faudra de nouveau nettoyer tout l’intérieur, car en passant l’aspirateur, la poudre projetée dans l’atmosphère a envahi la pièce comme si on venait de poncer. Mais désormais ça sent bon ! Et les ennuis sont derrière nous. Enfin … jusqu’aux prochains, car il y en aura d’autres, plus ou moins importants, et c’est ce qui pimente le voyage !

#roadtrip USA


Trop bien votre aventure ! C’est bien d’avoir eu le courage de vous lancer. Moi aussi les USA me font rêver et j’aurais peut-être dû profiter du CPN pour faire comme vous…
Vous avez aussi une chaîne YouTube poir voir les vidéo drone? Stouck
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Excellent ! Merci pour ce bel article très bien écrit qui nous permet de partager votre aventure. Tu dois y passer du temps ! Vous êtes magnifiques !
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Il fallait bien quelques galères… Vous avez géré comme des chefs!!!
Gros bisous à vous
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