Bye Bye Texas


Mardi 5 Mai.

Ça y est ! Nous reprenons la route ! Durant les dix derniers jours, nous avons établi un nouveau journal de route pour rejoindre le 22 mai. C’était la date à prendre en compte, car elle marque la réouverture du parc national de Grand Canyon. Enfin. Normalement. Il fallait donc trouver un trajet permettant d’avancer en sécurité, en évitant les zones à risque de Covid, mais également profiter de la nature grandiose de l’ouest des USA. Concernant ce dernier point, c’était un peu délicat à planifier. Au Texas, les parcs nationaux restent fermés (comme Big Bend National Park). En revanche, les parcs d’état sont ouverts (comme Big Bend State Park), mais uniquement de jour (en général, il y a des emplacements pour RV dans ces parcs, mais là, impossible d’en profiter). Les deux parcs Big Bend sont à côté. L’un ouvert, l’autre fermé. Pas de cohérence, mais une gestion différente. Il faut savoir qu’aux USA, un parc d’état, c’est un bout de forêt, de montagne ou de rivière plus sympa que la moyenne, mais aménagé avec une zone d’accès payante. C’est gardé, entretenu, et soumis à une gestion d’état. Afin de protéger la nature et en tirer quelques bénéfices. Globalement, l’idée n’est pas si mauvaise, pour ne pas laisser des sites à l’abandon, ou à la merci des campeurs sauvages, mais en tout état de cause, ça fout quand même bien les boules de devoir payer pour aller faire trempette dans une rivière. 

Bien sur, on peut aller en pleine nature et trouver des sites de camping gratuits, mais le décor reste assez rustique. Concernant les sites les plus sympas, ou plus emblématiques, on est obligé de faire avec les ouvertures / fermetures. Il a donc fallu trouver des endroits réunissant plusieurs critères : peu de monde, beaucoup de charme ou au moins un intérêt touristique, ouverts évidemment, et nous faisant avancer vers notre objectif du 22 mai. 

Pour cette « nouvelle première étape », et pour fêter la sortie du confinement, nous décidons de nous arrêter dans une boutique typiquement américaine, afin de nous équiper de vêtements locaux : Cavender’s. Chapeaux, bottes, chemises, tout l’attirail du parfait Cowboy y passe. Nous discutons un moment avec le vendeur en chef, John, et son goût pour les militaires nous permet de bénéficier de 10% de remise, ainsi qu’un cadeau supplémentaire qu’il payera lui même avec sa carte de crédit. Je n’avais jamais vu ça. Qu’un employé d’un magasin te paye un article avec sa carte pour te remercier d’avoir acheté chez lui, mais surtout parce que tu as servi, même dans un autre pays. Réfléchissez au concept … Nous repartons équipés, avec de beaux souvenirs utiles, et prêts à arpenter le Far West.

Direction San Antonio, ou plutôt sa banlieue nord, à « Canyon Lake », dans un cadre de verdure superbe. Nous nous garons sous les arbres. Notre jardin est vaste, et visité par de nombreuses biches. Elles sont parfaitement libres, et assez friandes des grains de maïs et céréales que le camping vend à l’accueil. Assez habituées à l’homme, elles n’en restent pas moins prudentes. Seul Maxan arrive à leur donner à manger directement dans la main. Pour Luka, Valou et moi, c’est un échec total, mais nous avons quand même la chance de les voir évoluer de très près.

Nous visitons le camping, disposant de plusieurs terrasses en bois construites au milieu des arbres, avec vue sur le lac. C’est superbe. Le calme ici est omniprésent. Les oiseaux chantent et font d’ailleurs office de réveil naturel. Il y en a un qui a un chant d’alarme. J’avoue que celui là, si je l’avais chopé … Je … l’aurais … pris en photo !

Une grande piscine se situe en contrebas du camping, et nous allons y piquer une tête. Il est 20h30. La nuit est tombée. Une fois dans l’eau, Maxan pousse un cri d’effroi. Il y a une bête sur le bord de la piscine. Luka, de loin et dans l’obscurité, rassure son frère en lui disant qu’il s’agit d’un chat. Nous nous approchons doucement dans l’eau, et constatons qu’il s’agit en fait d’un raton laveur. Tranquille. Accoudé sur la margelle. Envoyant une patte dans l’eau, puis posant sa tête sur le bord. Il ne semble pas effrayé. C’est assez bizarre. Nous sortons et allons un peu plus près. Il ne bouge toujours pas, il semble blessé. Nous appelons la gérante, afin qu’elle contacte les services compétents. Nous lui fournissons le numéro (il faut le faire quand même…) des soignants pour animaux blessés, et allons donner à manger et à boire à Riton. Oui, nous l’avons déjà surnommé. Riton le raton. Il a les pattes arrières dans un piètre état, et se traîne, grâce à ses pattes avant. On ne pourra malheureusement rien faire de plus pour lui.

Durant ces trois jours passés ici, nous faisons connaissance avec une famille non loin de notre emplacement. Ils nous invitent à manger des burgers, parce qu’ils en avaient fait pour un régiment, et nous invitent également à jouer au volley chaque soir. C’est super sympa. Les garçons participent comme nous. Nous finissons les parties acharnées de nuit, sans lumière, en évitant de se prendre un smash dans la figure ou de se retourner les doigts. 

Jeudi 7 Mai.

Nous allons visiter un « State Park » que j’avais réservé : Blanco State Park. La photo sur internet est vraiment belle. Mais en fait, c’est bien survendu ! Nous arrivons devant un petit barrage sur une rivière, en contrebas d’un camping désert (évidemment puisque fermé). Nous n’allons pas nager. Le point de baignade est suffisament fréquenté, pour ne pas pouvoir respecter les distances de sécurité. Et de toute façon, le soleil n’a pas encore percé la couche nuageuse épaisse et uniforme qui habille le ciel aujourd’hui. Nous allons balader sur le sentier longeant la rivière. L’occasion de ramasser quelques branches de bois, pour en faire des tringles à rideau pour Jay-Cee. Encore une fois, cela fera partie d’un article dédié à notre beau RV. Nous rentrons rapidement au camping, et chaussons les baskets pour la partie de volley du jour. 

Vendredi 8 Mai.

Nous partons vers San Antonio, pour rejoindre Koub, un ami, frère d’arme, vivant désormais aux USA. Quel plaisir de se retrouver ici, loin de chez nous ! 

Il nous récupère sur un parking de supermarché avec son véhicule, et nous laissons Jay-Cee pour quelques heures. Au programme, repas bien sympa dans un restaurant appartenant à un pilote de F15, puis visite de San Antonio intra muros. Nous baladons le long de la rivière sillonnant le centre. Un havre de tranquillité au coeur de la ville nommé « River Walk ». 

Nous passons devant Fort Alamo, lieu célèbre pour la bataille sanglante qui s’y est déroulée durant treize jours entre février et mars 1836. Mexicains et Américains s’y sont affrontés pour conserver (côté Mexicain) ou annexer (côté Américain) le Texas. Et oui, le Texas était alors une province Mexicaine, où, depuis plusieurs années, un grand nombre de colons provenant des Etats-Unis s’étaient établis, vivant comme bon leur semblait sans se soucier des us et coutumes de leur hôte. La bataille de Fort Alamo fut une victoire pour l’armée Mexicaine, mais elle paya un lourd tribut, perdant de nombreux hommes. Côté Américain, la chute d’Alamo n’effraya pas les insurgés. Bien au contraire, ses défenseurs devinrent des martyrs dont la mort ne put rester vaine.

Enfin, Koub nous emmène à « Pearl », une ancienne brasserie reconvertie en boutiques et restaurants. Endroit branché mais pas snob, cultivant une atmosphère détendue et bon enfant, le lieu abrite l’institut culinaire d’Amérique, ainsi qu’un marché fermier. Nous y dégustons une délicieuse crème glacée maison avant de retourner récupérer Jay-Cee et se dire au revoir. Merci l’ami pour cet excellent moment en ta compagnie !

Samedi 9 Mai.

Nous avons décidé d’avancer vers l’ouest, mais en faisant un crochet par le sud, histoire d’aller visiter le Big Bend State Park, longeant la frontière Mexicaine. Mais depuis San Antonio, la route est longue. Nous ferons donc une halte à Junction. Ville devant son nom au fait qu’elle connecte une autoroute avec deux routes principales au milieu du Texas. C’est souvent comme ça ici, il y a une certaine logique dans le nom des villes … Pour l’anecdote, au Nouveau-Mexique, il y en a une qui s’appelle « Truth or Consequences », traduisez : Vérité ou conséquences. Cette ville s’appelait « Hot Springs » jusqu’en 1950, date à laquelle elle prit le nom d’une émission de radio, quand l’animateur annonça que l’émission se tiendrait dans la première ville qui prendrait son nom. 

Nous arrivons donc au camping de Junction, près d’une rivière, au calme de la circulation de l’autoroute. Nous prenons le temps au bord de l’eau, à base de ricochets et de cairns. 

Dimanche 10 Mai.

Nous restons à Junction. Pas envie de faire une longue distance un dimanche, ayant toujours en tête ce mauvais souvenir de la crevaison dans le Mississippi. Malgré tout, nous roulons quelques miles pour aller au « South llano river State Park » qui n’est pas loin du camping. Oui, encore un State Park. Comme je vous l’expliquais, il s’agit d’une rivière, avec des rives aménagées pour pouvoir pique-niquer, et c’est tout. Enfin, pour un américain, c’est déjà beaucoup, car ce sont les rois du pique-nique ! Ils amènent leur cuisine pour un repas champêtre. C’est assez incroyable de les voir débarquer avec un attirail considérable, quel que soit l’endroit. Nous en avons même vu faire des barbecues au bord des piscines, après avoir monté un barnum !

Nous arrivons donc à la rivière, et le théorème se vérifie. Des pique-nique de compétition. Charrette, glacière à roulette, barbecue avec fumoir … Oh yeah ! Pour comparaison, nous avons une mini glacière pliable que nous rangeons dans notre petit congélateur. Mais nous nous en fichons. D’ailleurs, cette réaction est typiquement américaine. Ici très peu de place au jugement d’autrui. On ne se dévisage pas pour un rien, on se fiche pas mal de la tenue vestimentaire ou du véhicule du voisin. On ne jalouse pas la réussite. Bref, on laisse les autres vivre ! Et ça c’est vraiment génial ! 

Bon, nous avons mangé au camping avant de venir, c’était plus simple… Encore une bonne après-midi tranquille, à fabriquer des barrages, de nouveaux cairns, et à s’amuser dans les petits courants.

Lundi 11 Mai.

Direction Big Bend state Park. Une étape de 6h30. Bon sang qu’il est grand cet état ! Nous empruntons l’autoroute i10 West. Encore et toujours. C’est vrai que depuis que nous avons quitté la Floride, nous avons emprunté cette interstate sur pratiquement toute sa longueur. Elle relie Jacksonville en Floride à Santa Monica en Californie, pour un total de 2518 miles (soit 4049 km).

Après 3h de ligne pratiquement droite et monotone, nous bifurquons vers le sud et la frontière mexicaine, au niveau de Fort Stockton. Là, le paysage commence à changer légèrement. Les vastes plaines et leur horizon souvent bien marqué sont cassées par les reliefs qui surgissent au loin. Pourtant, les routes restent rectilignes. C’est à n’en plus finir. Heureusement que le relief commence à faire varier le régime moteur de Jay-Cee. 

A une trentaine de miles de l’arrivée, la donne change complètement. Les pentes se font plus abruptes. Les virages plus serrés. Enfin un peu de conduite, et de plaisir pour les yeux. Le paysage, bien que généralement teinté de marron, est magnifique. Les montagnes se creusent et laissent deviner un canyon central. Nous arrivons à Lajitas au bout d’un long périple et Jay-Cee a encore soif. La seule station du coin (et la dernière avant les 50 prochains miles), ne nous laisse guère le choix.

Enfin posés au « Maverick Ranch RV Park », juste à côté du cimetière du village. Il n’y a pas grand monde (au camping) … Remarque, au cimetière non plus. Ce n’est pas très étonnant, et c’est tant mieux (pour le camping). Nous branchons Jay-Cee et allons faire un tour à la piscine qui vient de rouvrir depuis deux jours.

Ça fait du bien, car les températures sont bien montées. Il fait 33-34 degrés à l’ombre environ, pour une altitude de 700 mètres. Le temps d’apprécier la baignade, et des nuages se forment derrière les lointains reliefs mexicains. L’orage commence à gronder et nous décidons de rentrer au RV. Bien nous en prend car nous rentrons sous les premières gouttes. Elles s’intensifient très rapidement. Nous rentrons au sec, mais je m’aperçois que le auvent est resté ouvert, et le vent associé au passage de l’orage risque de le détériorer. Je sors et commence à le débloquer pour le replier. Là, le vent s’intensifie d’un coup, la bâche fait des va et vient violents. Je la retiens tant bien que mal quand tout à coup, une puissante rafale me fait décoller à un bon mètre au dessus du sol. La table de camping en bois, pourtant bien lourde, avance de quelques mètres vers moi et s’arrête près de mes tibias. La bourrasque diminue dans la foulée et je me hâte de replier le auvent comme je peux. L’épisode orageux cesse en début de soirée, et je sors inspecter le matériel. Rien de cassé. Ouf. Plus de peur que de mal. Et quelle peur ! Je n’avais jamais connu une rafale de vent aussi puissante. 

Les nuages filent vers le nord et laissent place à un ciel étoilé particulièrement intense. Ici, pas de lumière parasite. Lajitas fait partie des « Dark Sky Cities ». Les quelques habitants de la commune éteignent les lumières à 22h tous les soirs. Et en plus, c’est la nouvelle lune. Le spectacle est saisissant. Toute la famille s’allonge sur une table pour profiter de la beauté de l’espace. Nous voyons des étoiles filantes, et allons nous coucher, afin de profiter de la journée suivante. 

Mardi 12 Mai. 

Le camping fait partie d’un complexe hôtelier, qui se situe à environ 500 mètres, en face de la route. Nous y allons dès le matin afin de réserver une ballade en cheval au milieu des montagnes. Pas de chance, il ne reste plus que trois places pour aujourd’hui. Et il n’est pas prévu d’amener un enfant avec soi sur un cheval. Chacun sa monture ! Demain, nous avons de la place pour une ballade de deux heures, départ à 7h30. Parfait. L’horaire maximum pour quitter notre emplacement est fixé à 11h, donc ça passe. Il faudra juste se lever plus tôt. 

Direction le State Park. A nous le Rio Grande. Fleuve mythique d’un peu plus de 3 000 kilomètres prenant sa source dans le Colorado, et servant de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique sur les 2 000 derniers kilomètres de son cours. Dès les premiers miles, le décor est saisissant. Les montagnes se font plus grandes, et le canyon accueillant le lit du fleuve, plus étroit. L’écosystème verdoyant encadrant les rives tranche net avec la roche beige et brune. La route serpente un maximum et offre de vrais défis à notre bon Jay-Cee, notamment sur un tronçon de montée à 13%. Nous nous arrêtons près de « Grassy Banks », sur le côté de la route, et partons à pied sous un soleil de plomb, afin de voir si nous pouvons pénétrer avec notre véhicule de neuf mètres de long. Pas le temps de faire cinquante mètres qu’un véhicule de State Troopers arrive à notre hauteur, nous expliquant que nous ne pouvons pas laisser Jay-Cee sur le bas côté. La Ranger nous demande notre permis pour pénétrer près des rives du Rio Grande, puis nous escorte vers un parking en terre, à quelques pas du fleuve. Fantastique. Nous trouvons un abri pour déballer notre pique-nique et restons là un moment, bercés par l’écoulement de l’eau, éblouis par le reflet du soleil, captivés par les nombreux rapaces qui, du haut de leur manège concentrique, attendent le meilleur moment pour fondre sur leur proie. La nature est rude et belle à la fois. C’est un véritable plaisir d’être là, tout au sud des Etats-Unis, à contempler le Mexique juste en face de nous.

Retour au camping, et petite séance de sport pour Valou.

Puis nous traversons la route pour aller tenter notre chance au restaurant du resort. Très bonne pioche ! Ouvert, accueillant, peu fréquenté, le lieu est superbe. On se croirait dans une hacienda mexicaine. Bon, je n’en ai jamais vu … Mais ça y ressemble drôlement ! Une belle fontaine orne le jardin, qui offre une vue imprenable sur les montagnes mexicaines. C’est la première fois depuis plusieurs mois que nous remettons les pieds dans un restaurant sans mesure de sécurité particulière. On ne pouvait pas mieux tomber. Après avoir englouti un bon repas (mexicain bien sûr), une personne du resort nous ramène en voiturette électrique jusqu’à Jay-Cee. Nous y contemplons une dernière fois le ciel magnifiquement étoilé avant d’aller se coucher tôt. Car demain le cheval nous attend.

Mercredi 13 Mai.

Debout à 6h. Il faut être prêt à 7h devant Jay-Cee. Une navette doit venir nous chercher pour nous amener au ranch. Nous enfilons tout ce que nous avons acheté chez Cavender’s. On se dit que quitte à faire une ballade en cheval au fin fond du Texas, autant essayer d’avoir le look du coin. On immortalise le moment en attendant le chauffeur.

7h10 toujours personne. 7h15 rien. On commence à marcher vers l’ouest, c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Arrivés à mi-chemin, on croise la navette qui nous récupère et nous amène au lieu de rendez-vous. Nous sommes les seuls à partir en ballade. C’est génial. Néné, le guide mexicain, nous accueille et se marre de nos tenues. Il marmonne des trucs que l’on ne saisit pas. On peut en déduire deux choses : soit il est heureux qu’on fasse l’effort de se mettre sur notre 31 et tenter de passer pour des Texans, soit il se fout de notre gueule car on est ridicules. On ne saura jamais … Mais ce n’est pas grave. On enfourche un à un les imposants canassons. Maxan sur « Roja », Luka sur « Didy », Valou sur « Chiquita » et moi sur « Geronimo ». Les garçons n’ont pas peur et se débrouillent à merveille. Aussi, il faut dire que les chevaux sont habitués et dociles. Ils se suivent au pas sans ordre particulier. Enfin… Géronimo étant un gros gourmand, il s’arrête régulièrement arracher des touffes d’herbe aride et du coup, nous nous faisons distancer. Alors, quand il le décide, il rejoint la troupe en adoptant une allure plus vive, ce qui met mon arrière train à rude épreuve. 

Le parcours sillonne les montagnes arides, puis s’engouffre au milieu de mini canyons que l’on imagine aisément creusés par de violents cours d’eau désormais asséchés. Le maître mot : tranquillité ! Il faut dire que Néné n’est pas très bavard. Il avance tel un cowboy solitaire amenant son troupeau à bon port, à l’heure prévue. Et il maîtrise parfaitement son sujet. On arrive au ranch à 9h 30minutes 00secondes 00millièmes. Un cador le Néné ! Il nous fait descendre à tour de rôle et nous salue, sans échanger quoi que ce soit de plus. La navette est déjà là, et nous ramène à Jay-Cee. Il est temps de plier bagage et d’emprunter la route traversant le Big Bend Ranch State Park sur environ 50 miles.

Encore une fois, le parcours est extra. On pousse Jay-Cee dans ses retranchements, tout en suivant les rives du Rio Grande s’écoulant à contre courant de notre route. Il va vers l’est. Nous, nous allons vers l’ouest ! Le Far West ! Nous visons l’Arizona, mais d’abord, il faut passer par le Nouveau-Mexique, et avant cela, faire une halte à Van Horn, dans l’ouest du Texas. Sur la route qui nous y conduit, nous sommes arrêtés à un poste de douane. Ils nous demandent si nous sommes citoyens américains. D’où nous venons, où nous allons, et contrôlent nos passeports. Sans plus de questions, ils nous laissent continuer notre périple. Par la suite nous passerons par deux autres postes de douane, à force de sillonner des routes longeant le Mexique.

Nous roulons vers Van Horn. Dernière étape au Texas. Encore un gain d’altitude puisque la ville culmine à 1200 mètres. La route pour rejoindre cet endroit est rectiligne sur cinquante miles, en constante montée. Nous traversons une vaste plaine entourée de montagnes, et nous y observons de nombreux « Dust Devils ». Ce sont des tourbillons de poussière, des sortes de petites tornades qui se forment par beau temps, lorsque de l’air sec et instable entre en rotation et soulève le sable ou la poussière. Ces phénomènes ne sont pas dangereux, mais certains sont assez puissants pour soulever des objets lourds. Tout au moins, ils créent des rafales de vent autour d’eux, perturbant notablement la conduite d’un RV lorsque l’on passe à côté.

Arrivés au camping, nous en subissons une nouvelle, et bien qu’arrêté, Jay-Cee a été secoué pendant quelques secondes.

Nous avons pratiquement toute l’après-midi et la soirée dans cet endroit désert. J’en profite pour avancer le blog. Les garçons font leurs devoirs. A ce propos, nous avons commandé des cahiers « Passeport » lorsque nous étions à Jamaïca Beach. Nous les avons bien reçu, mais il y a un détail assez comique : ils datent de 1980. Les programmes à l’intérieur proposent des cours de mathématiques avec des francs, il y a beaucoup de géographie, de culture générale sur la faune et la flore. Nous les trouvons excellents ! Dommage qu’on ne fasse plus aussi bien de nos jours … 

Nous voilà prêts à quitter le Texas. Il nous aura accueilli durant deux mois. Et la gestion de la crise ici aura été une réussite. Nous quittons cet état la tête pleine de souvenirs, mais pas encore saturée. Il y reste énormément de place, pour en faire de nouveaux. Alors continuons à explorer. Comme disent les américains : « Camping make memories ».

#roadtrip USA

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1 commentaire

  1. Encore une bien jolie page de blog!!
    Entre photos magnifiques, petits cours d’histoire, instants de vies… Un vrai régal!
    Continuez! On ne s’en lasse pas! Go vers l’ouest les pionniers 😉

    Plein de bisou à vous 4 de nous 4 et de Pimousse!!

    PS: Luka laisse pousser ses cheveux, ça lui va super bien!

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