Lundi 8 Juin.
Nous ramenons Jay-Cee chez le docteur. Tout est prêt pour qu’il se refasse une santé. Amortisseurs à l’avant, vidange d’huile, rotation des pneumatiques. On place même un « Camber Kit » sur les roues avant, afin de les remettre parfaitement dans l’axe. C’est vrai qu’elles avaient tendance à « loucher » quelque peu.

Un bras plus tard, nous prenons enfin la route vers le Parc National Rocky Mountain. La météo est favorable. Les conditions sont réunies pour un trajet sans stress. Oui mais … Passé 60 miles à l’heure, Jay-Cee vibre du train avant. Grrrrrrrr. Bon sang ! Mais on sort tout juste du garage ! Je me demande si le fait d’avoir échangé les roues n’y est pas pour quelque chose. L’usure sur les pneus est différente alors ça peut éventuellement expliquer ces vibrations. Bon. Nous verrons bien. Pour l’heure, il faut vraiment avancer, sinon nous allons encore perdre des réservations …

Direction Salida. Juste au sud des hauts massifs du Colorado. Ça fera l’affaire pour une étape, et repartir demain en direction de Grand Lake. Nous choisissons un camping au hasard dans la ville et tombons sur un bureau d’accueil désert, avec une procédure d’Auto Check-in. Parfait pour nous. Je remplis le formulaire sur l’ordinateur et je paye par CB. La confiance règne, une fois de plus ! Et force est de constater que tout le monde respecte la procédure.
Mardi 9 Juin.
En milieu de matinée, on repart vers le Nord. La route ne fait que monter durant la première heure de route. Pas étonnant, puisque nous franchissons le plus haut sommet de notre périple aux Etats-Unis : « Freemont Pass », à 11 318 ft, soit environ 3 450 mètres d’altitude. La neige est bien présente, tout comme les nuages. Quelques plaques de verglas persistent mais rien de bien méchant. La route est plutôt agréable, et je commence à faire chanter le moteur dans la descente qui nous mène vers Silverthorne. En tous cas, ce n’est pas aujourd’hui que nous ferons chauffer les freins …
A partir de Silverthorne, la route devient carrément superbe. Les hauts sommets enneigés dominent les vertes prairies bondées d’animaux. Nous alternons entre lacs, collines, et petits canyons encadrant une vieille voie ferrée.

Nous arrivons à Grand Lake Colorado en milieu d’après-midi pour deux nuits. Le camping est plein mais les emplacements sont spacieux, nous ne sommes pas les uns sur les autres. Après une rapide bataille de boules de neige, nous faisons une petite ballade, et tombons sur les panneaux nous mettant en garde, vis à vis de la faune locale : principalement les ours et les élans.

D’ailleurs, à la tombée de la nuit, après un bon repas cuit au feu de bois et alors que nous sommes devant un hypnotisant feu de camp, un voisin vient nous chercher. Il est du bon côté du camping. Son emplacement donne sur la montagne, où nous pouvons observer une famille d’élans en train de manger. Quel beau dessert pour les yeux. Ravis, nous allons profiter de quelques bûches supplémentaires puis allons nous coucher, entourés par la nature.






Mercredi 10 Juin.
Nous sommes au sud ouest du Parc National Rocky Mountain. Nous souhaitions initialement y rentrer par le nord est, depuis Estes Park, mais cela n’est plus possible. Enfin … disons que la route y menant, la célèbre « Trail Ridge Road » , représente un sacré volume d’heures, et surtout une contrainte supplémentaire pour Jay-Cee. En effet, ce n’est ni plus ni moins que la plus haute route d’Amérique du Nord, montant jusqu’à 3 700 mètres ! Alors, avec tous les récents soucis, et l’incertitude qui plane encore légèrement sur les vibrations de notre RV, on va sagement visiter une petite partie du Parc par le sud, certes moins stupéfiante, mais très agréable malgré tout.
Encore une fois, on nous met en garde vis à vis des animaux sauvages. Ici, ce sont les Pumas qui font la loi : « If attacked, fight back ! » … Mouais

Nous ne nous aventurons pas trop loin dans la forêt, mais juste assez pour aller voir un petite cascade.
Pour finir la journée, nous allons visiter Grand Lake. Petit havre de paix peu fréquenté, où la statue du premier habitant de la ville à la fin du XIXè, Alexander Proctor, veille sur les abords du lac.




Jeudi 11 Juin.
Nous revenons sur le plan prévu. Si tout se passe bien, nous devrions le suivre jusqu’au 22 juin, date de notre début de trajet retour vers la Floride. Espérons qu’il n’y ait plus d’imprévu …

Nous redescendons vers la vallée, sous un beau soleil. A mi-chemin, après quelques heures de route, nous faisons le plein et trouvons un vendeur de burritos à côté de la station. Pour une poignée de dollars, nous nous cassons le ventre, en débutant la seconde partie de ce trajet.

Sur une dizaine de miles avant notre destination, l’autoroute I-70 traverse « Glenwood Canyon », immense et majestueux.

Enfin, nous arrivons à Glenwood Springs. Après avoir pris nos quartiers au camping, nous nous rendons aux thermes d’eau chaude de la ville. J’avais lu qu’il fallait y aller, mais sans avoir approfondi, ni avoir vu de photo. Une fois sur place, nous sommes ébahis par la grandeur du site. Comment dire … En fait, il s’agit du plus grand bassin de sources chaudes minérales au monde ! La source Yampah qui alimente le bassin, produit 3,5 millions de gallons (13 millions de litres) d’eau chaude par jour, à une température de 122°F (50°C). L’eau est refroidie à 40°C pour alimenter un premier bassin. Elle est encore refroidie à 34°C pour alimenter le second -énorme- bassin de 100 mètres de long, contenant plus de 3,7 millions de litres. Des chiffres qui font tourner la tête. Mais une fois dans l’eau, la tête se détend aussitôt !











Il y a même un espace de jeux avec de petits toboggans pour les enfants, ainsi qu’une rivière à bouée.


Bref … Nous prenons un goûter sur place, en réfléchissant au trajet de demain. Et alors que nous ne souhaitions plus d’imprévu, nous décidons de rester une journée de plus ici. C’est trop chouette ! Je passe une petite heure à gérer la logistique des prochaines réservations et tout colle. C’est parfait. Et c’est plutôt agréable de faire des modifications dans cette optique. Nous rentrons au camping en sachant que nous remettrons les pieds ici demain.
Alors que nous nous apprêtons à manger, je regarde mes e-mails, et nous apprenons que notre vol retour Miami – Paris opéré par Air France est annulé. Après Corsair, voilà une nouvelle annulation. Nous avons droit au remboursement ou à la modification. Nous faisons donc la modification des billets en ligne, en rajoutant plus de 500 euros au billet initial. Notre vol retour sera donc : Miami – Paris avec une escale à Londres. Le vol transatlantique étant opéré par la compagnie « Virgin Atlantic ».

Par contre, pour les bagages supplémentaires que nous avions acheté, il faudra appeler Air France. Ça ne peut pas se faire par internet. Nous verrons ça plus tard. Je sens que ça va prendre du temps …
Pour l’heure, l’eau chaude minérale fait son effet. Les yeux, comme l’ensemble du corps, sont fatigués et plutôt détendus. Certains ne demandent pas leur reste … Les thermes, c’est le pied !

Vendredi 12 Juin.
Même endroit. Même combat. Même sentence. Quel lieu reposant ! Après la journée de baignade, nous rejoignons notre RV, garé à 10 minutes de marche. Et nous nous rendons compte que cette ville est en fait la ville du « NO » ! Pas le droit de ci, pas le droit de ça. Tout est indiqué. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas …






Samedi 13 Juin.
Il y avait longtemps que nous n’avions pas roulé vers l’ouest. Nous voici à nouveau en direction de l’Utah. Plus précisément, Green River. Une petite ville posée en plein milieu du désert. Rien de particulier à faire ici. Simplement faire étape et prendre le temps.


Dimanche 14 Juin.
Une fois n’est pas coutume, nous roulons le dimanche, et c’est une nouvelle journée étape. Nous rejoignons Salt Lake City et allons directement dans notre emplacement de camping. Le virus fait de plus en plus de ravages aux Etats-Unis, et nous évitons plus que jamais de nous balader en ville. Tant pis pour les musées et autres activités que nous devons laisser dans la rubrique « à faire ultérieurement ».
Nous trouvons des activités sympas dans le camping. Une table de ping-pong à 4 appelée Polypong. Un jeu de billard avec des ballons de football. Et le fameux jeu de Corn Hole.



Lundi 15 Juin.
Rendez-vous était pris depuis quinze jours dans un garage du coin, pour faire la vidange. Vu notre récent passage au garage à Durango, j’ai annulé la vidange, mais pas le rendez-vous. On amène Jay-Cee pour un énième contrôle des roues, étant donné que ça vibre toujours.

Le garagiste effectue une nouvelle rotation des roues. Il n’y a rien de plus à signaler. Tout va bien. Tant dans la structure des pneus que dans les roulements et systèmes de freinage. Bon, tant mieux ! Reprenons la route ! Nous avons plus de cinq heures à faire en direction de Yellowstone.

Puisque nous avons le temps sur ce trajet, je tente d’appeler Air France (une fois de plus …). Je laisse la musique d’attente enchanter les premiers miles de conduite dans le haut parleur du téléphone. Et les miles défilent. Défilent. Ils défilent comme le temps de l’appel. Je n’en vois pas la fin. Je craque au bout de 1h30. Je re tenterai ma chance un autre jour.

Nous passons dans l’Idaho, puis arrivons dans le Montana. Les vibrations à l’avant de Jay-Cee sont beaucoup moins présentes. Voire presque résorbées. Ça c’est une bonne nouvelle !


Nous arrivons en fin d’après-midi au « Yellowstone Grizzly RV Park ». Le camping est situé aux portes du Parc National. Nous sommes ravis et impatients. C’était un des objectifs prioritaires de notre voyage. Et pendant le confinement, nous avons même écarté l’idée de nous y rendre, l’espace de quelques jours. Alors c’est une vraie satisfaction d’être enfin à côté.

Bien que la bonne humeur règne, nous ne pensons pas nous rendre au Parc dès demain. En effet, la météo ne s’annonce pas favorable. Il est même question de tempête hivernale. Pas de bol. Juste quand nous y sommes. Nous aviserons demain. Pour l’instant, nous allons faire un tour, en n’oubliant pas de nous équiper de la bombe au poivre « Anti Ours ».

Nous avons trois nuits dans ce camping avant de descendre vers le Parc National de Grand Teton. Nous aurons bien une fenêtre favorable. Et puis si le temps ne veut vraiment pas, nous irons quand même ! Hors de question de quitter la région sans avoir vu les merveilles naturelles de cet endroit mythique …

#roadtrip USA















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