New Orleans – The Big Easy


Samedi 22 février.
Nous avons planifié deux jours de trajet pour rejoindre New Orleans en Louisiane. En effet, 1 200 kilomètres nous attendent, ou plutôt 740 miles. Nous quittons donc Kissimmee pour rejoindre notre première étape, Apalachicola, au nord-ouest de la Floride. Le trajet est plutôt monotone, essentiellement constitué d’autoroutes, nommées « Interstate ». Elles sont en grande partie gratuites. Deux belles rangées d’arbres encadrent la route, mais rien de particulier à observer. Le décor ne varie pratiquement pas durant six heures. Soporifique à souhait. On passe le temps en regardant les quelques autres RV que nous croisons. Majoritairement, ce sont de grands bus, tractant un véhicule à l’arrière. Ce dernier n’étant pas sur remorque mais à même la route, tracté grâce à une barre en « V ». C’est assez surprenant, mais très répandu ici. En tous cas, bonjour le convoi. Je n’ose imaginer rajouter quelques mètres à notre (déjà bien imposant) RV, alors que j’engage toute ma concentration à chaque changement de file, et à chaque virage. De toute façon, nous n’en avons pas l’utilité. Notre RV est largement suffisant.

Nous faisons une pause bien méritée pour faire les pleins. Celui d’essence, et celui de l’estomac, pour le goûter. Mister Dunkin Donuts nous accompagne une nouvelle fois pour un trajet.

Nous arrivons à Apalachicola au crépuscule. Nous prenons notre emplacement en compte sans voir qui que ce soit, le bureau d’accueil étant fermé. Nous réglerons les détails le lendemain matin.

Dimanche 23 février.
C’est sous un soleil radieux que nous repartons de ce site sympathique en bordure du Golfe du Mexique. 

Nous empruntons la « petite » route, histoire de longer la mer. Nous passons par « Mexico Beach » et « Panama City ». Nous y découvrons par moments de magnifiques plages de sable blanc, et des maisons colorées montées sur pilotis. Mais nous y trouvons aussi les vestiges de l’ouragan « Michael », passé par là en octobre 2018. Il est classé, par sa pression, comme le troisième ouragan de l’Atlantique le plus intense à avoir jamais touché terre aux Etats-Unis. Quelques bâtiments portent encore les stigmates de la puissance dévastatrice de l’ouragan. Et les forêts environnantes ne sont plus que des champs de « Mikado » cassés en deux. C’est assez incroyable, et surtout saisissant. Nous avons du mal à imaginer les heures terribles que les personnes amoureuses de cette station balnéaire ont dû vivre.

Après cette première heure de conduite riche en émotions, retour à la monotonie et à la relative quiétude de l’Interstate. Les heures s’enchaînent comme les états. Nous en parcourons quatre lors de cette étape. Départ de Floride, transit en Alabama, puis dans le Mississippi, pour finir en Louisiane. Au passage, j’en profite pour passer le très célèbre morceau de « Lynyrd Skynyrd – Sweet Home Alabama » lorsque nous y entrons. J’ai préparé une liste de lecture adaptée aux différents points de notre road trip et ça rajoute au charme des destinations.

Nous arrivons à la nuit tombée à New Orleans. L’accueil au RV Park est très sympathique. On nous indique le restaurant du camping, qui propose des mets locaux Cajun, ainsi qu’un concert d’artistes de Soul (locaux également). Le séjour commence comme il finira : en musique ! Tel est le maître mot ici, et ce n’est pas pour nous déplaire ! 

Lundi 24 février et mardi 25 février. 
Nous nous rendons au centre-ville pour participer au carnaval. C’est l’effervescence. Pendant un peu plus de cinq semaines, la population de New Orleans passe de 340 000 à plus d’un million de personnes par jour. Tout ce beau monde déambule et danse dans les rues. Les trois couleurs du carnaval (le vert pour la foi, le violet pour la justice, et l’or pour le pouvoir) sont affichées partout : sur les murs, sur les balcons, sur les grilles, sur les voitures, sur les arbres, sur les costumes, et même sur les animaux.

Concernant les déguisements, on trouve du traditionnel comme du très loufoque, voire du très très très loufoque. Loin d’être choqués, les garçons sont plutôt amusés de ces accoutrements, et de l’ambiance festive. 

Ce sont les premiers colons français, à la fin du 17ème siècle, qui ont introduit cette fête religieuse en Louisiane. La proximité avec la France a été conservée. Notamment dans le « French Quarter », où l’on peut admirer l’architecture coloniale, ainsi que quelques drapeaux tricolores. Nous trouvons également la statue de Jeanne d’Arc, offerte par la France à New Orleans.

La fête de Mardi Gras symbolise la fin de la « semaine des sept jours gras », d’où l’idée de défiler collectivement lors du carnaval. Ces défilés sont organisés par des troupes appelées « Krewes ». Certaines sont plus ou moins célèbres, et nous avons la chance de voir les plus fameuses, étant présents pour les deux derniers jours. Les costumes, les chars et les décors sont détaillés avec soin. Il y a un grand sens esthétique, et on imagine aisément le travail titanesque derrière tout cela. Les parades sont composées d’une trentaine de chars, certaines en comptant jusqu’à deux cent ! Lors des défilés, les membres des Krewes lancent une quantité phénoménale d’articles divers le long de leur parcours. Colliers de perles, peluches, noix de coco peintes, pièces de monnaie estampillées, gobelets en plastique, jouets … Il n’y a qu’à tendre le bras. Et encore, ce n’est pas forcément nécessaire. La distribution est tellement généreuse qu’il n’est pas rare de recevoir un article dans le visage sans avoir demandé quoi que ce soit. Nous en avons fait les frais. Surtout Maxan, qui a reçu un collier et son pendentif dans la bouche. Blessé à la lèvre par une vache en plastique. Bon, plus de peur que de mal comme on dit. On en rigole. Et c’est avec une lèvre bleue que nous quittons notre emplacement. A chaque passage de char, c’est l’hystérie collective. Tout le monde veut son souvenir. Nous en avons tellement que nous les offrons autour de nous, et nous donnerons même le reliquat avant de quitter notre RV Park. 

Après l’euphorie, la désolation… Les services de nettoyage de la ville ont un travail colossal à l’issue du carnaval, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont extrêmement efficaces.

La démesure de ce carnaval nous laisse un peu perplexes. Nous nous attendions à quelque chose de plus humain, à plus d’échange, et moins de gaspillage. Nous apprécions davantage les jours qui suivent, dans des rues bien plus calmes et accueillantes.

Mercredi 26, jeudi 27, vendredi 28, samedi 29 février.
La fin de semaine est partagée entre météo maussade, synonyme de repli stratégique dans le RV pour rattraper le temps perdu sur le blog et les travaux internes (il y en a toujours, comme dans une maison) et accalmie. Nous allons donc visiter les lieux caractéristiques de New Orleans, nous approcher du Mississippi et de ses bateaux à aubes, sillonner le marché français, et nous installer dans un petit restaurant annonçant un concert de Blues : le BB King Blues Club. Question musique, ici, c’est un vrai festival. On croirait vivre le « jour de la marmotte » un 21 juin en France, jour de la fête de la musique. Des artistes de rue aux artistes en salle, le panel est d’un magnifique éclectisme. Certains battent sur des seaux comme des batteries New Tech, d’autres envoient un numéro de claquettes sur le trottoir, les trompettes solitaires répondent aux accordéons et autres trombones et tubas. Dans les enseignes de restauration, entre deux plats Cajun à base de Jambalaya ou Gumbo, les artistes de Jazz et de Blues se passent le relais. Les gens dansent, sans retenue, sans se soucier d’un quelconque jugement. La musique est une force prédominante. Elle rythme la vie de New Orleans, pour notre plus grand plaisir.

La dernière journée nous conduit au pied de l’église Saint Louis, aux abords du square Jackson. Un mariage est en cours et la cérémonie se déroule en plein air, sous les yeux des passants, avec un air de violon. La météo est fantastique. Les gens sont de sortie. Les artistes peintres font leur exposition autour du square. On trouve également des cartomanciers, des magiciens, des funambules. L’atmosphère est joyeuse et détendue. Nous parcourons les rues pour trouver un disquaire que j’ai repéré sur internet. Il me faut bien quelques souvenirs vinyles de notre passage dans le berceau du Jazz ! Ce faisant, nous croisons une nouvelle fanfare. En fait .. Pas vraiment. C’est le cortège des mariés, que nous retrouvons dansant leur bonheur dans les rues de cette chaleureuse ville. C’est un dernier contact en musique que nous laissons derrière nous, avant de rejoindre le RV Park. Demain nous rebrousserons chemin pour rallier de nouveau la Floride. Nous ferons halte à Bay Saint Louis, sur un parking de supermarché pour la nuit, avant d’arriver à Pensacola Beach. Un endroit complètement différent. Beaucoup plus calme. Beaucoup moins musical. Tant mieux. La diversité est aussi un des thèmes de ce voyage.

#roadtrip USA

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3 commentaires

  1. On ne se lasse pas de suivre vos aventures…continuez à bien profiter. A bientot

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  2. Génialissime !!!
    Et en plus de vous suivre avec plaisir on apprend plein de choses!! Par exemple le code couleurs du carnaval 😉👍🏼
    Déjà ta plume nous projette dans un univers completement dépaysant, et avec ce petit film on s’y croirait vraiment!!

    Allez vivement Memphis ❣❣

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  3. Superbes photos et commentaires ultra intéressants. Merci pour cette plongée dans la culture américaine. Vivement la suite.
    Bonne route

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