De l’Utah au Colorado


Mercredi 27 Mai.

Avant de tout ranger, je me rends à l’accueil afin de lever le mystère sur mon tuyau de vidange. Sur le chemin, je croise deux employés du RV Park et leur demande si, par hasard, ils n’auraient pas trouvé mon tuyau. Ils me disent qu’ils sont venus sur notre emplacement hier et qu’ils pensaient que nous étions partis, alors ils ont mis le tuyau à la poubelle. Super. Je vais donc expliquer tout cela à l’accueil et je me fais rembourser en cash le montant d’un tuyau neuf à aller acheter au Walmart du coin. Nous plions donc Jay-Cee, et faisons un aller retour au magasin, afin de pouvoir vidanger nos cuves d’eaux grises et noires au camping, avant de prendre la route pour l’Utah, et le majestueux site de Bryce Canyon.

Nous passons rapidement dans ce nouvel état, puisque la frontière est toute proche de Page.

L’Utah est très aride, sauvage, souvent lunaire. En tous cas durant les deux premières heures de conduite.

Puis, cela commence à verdir par endroits. Les montagnes commencent à changer, tant dans le type de roche que dans la couleur. L’ocre devient de plus en plus présente, et en arrivant près de Bryce Canyon, nous avons déjà de belles surprises visuelles. 

Quelques minutes plus tard, nous atteignons notre camping, situé quelques miles avant l’entrée du parc que nous visiterons demain. On nous place tout au fond du RV Park, à l’écart de tout le monde. Dans un premier temps, on se dit qu’ils ne veulent pas de français au milieu des Américains, surement à cause du pic de l’épidémie. Puis je me rappelle que j’avais demandé un site sans vidange, c’est beaucoup moins cher, et finalement ce n’est pas plus mal, car nous bénéficions d’un super emplacement.

On fait rapidement un petit tour des abords, et on récolte des pignes de pin, ainsi que du petit bois pour le feu de camp de ce soir. Les garçons trouvent également un grand tuyau en PVC (allez savoir ce qu’il faisait là) et Luka file faire un dessin. Nous ne faisons pas trop attention à ce qu’ils manigancent, et Valou et moi préparons le stock de bois pour la flambée. D’un coup, nous voyons les garçons fièrement arborer leur tuyau, en chantant la Marseillaise. Ils ont monté les couleurs ! Excellent ! Nous sommes morts de rire, et aussi fiers de nos bouts de choux.

Après cette intermède patriotique, nous faisons le tour du jardin, et trouvons un jacuzzi à ciel ouvert super sympa. En plus, il n’y a personne ! Parfait pour un moment de détente après ce long trajet.

Nous rentrons au RV, et préparons le diner autour du feu. Ça, c’est la vraie vie de campeur !

Jeudi 28 Mai. 

Nous partons à Bryce Canyon. Tout n’est pas ouvert, mais le principal, c’est à dire l’amphithéâtre, l’est ! Pas de problème pour se garer, il y a des emplacements réservés aux RV. Nous arrivons au premier point de vue, et le spectacle est incroyable. C’est tellement particulier, tellement unique, tellement atypique, et tellement beau ! Nous sommes sous le charme. Maxan, en voyant ce paysage lâche un « Wouaaaaah » d’émerveillement. C’est génial ! S’émerveiller. C’est bien le propre des enfants. Et c’est ce que nous essayons de faire chaque jour. Cesser cela, laisser la monotonie nous envahir, ne plus apprécier ce que nous possédons, de matériel ou spirituel, c’est perdre son âme d’enfant, c’est ne plus vivre l’instant présent. Et celui-ci, est particulièrement saisissant !

Nous parcourons le sentier surplombant l’amphithéâtre. A chaque emplacement où nous nous arrêtons, l’angle de vue est différent, et le spectacle change.

Les cheminées de roche sont magnifiques. Elles sont formées par l’érosion des bords du plateau, ce qui donne des sortes de murs. Ces murs commencent alors à se perforer au niveau de leurs points les plus faibles, laissant apparaître des arches. Avec le temps, les arches s’agrandissent avant de se briser. Il ne reste alors plus que des piliers que l’on nomme « Cheminées de Fées » ou « Hoodoos » en Américain.

Nous choisissons de prendre le sentier de randonnée descendant dans la cuvette. Une ballade d’environ deux heures. Une première descente légèrement sinueuse, mais assez tranquille, suivie par une marche au milieu de ces majestueux monstres de la nature. Il y a de nombreux passages sous la roche, des petites grottes, des coins pour se reposer et admirer la nature. De nombreux écureuils viennent nous saluer, ainsi qu’un serpent au milieu du chemin ! Mais il a du avoir plus peur que nous, vu la vitesse à laquelle il est rentré dans les broussailles. 

Pour finir cette ballade, il faut remonter les quelques 250 mètres de dénivelé sur une courte distance. Ça fait bien travailler les mollets ! Mais c’est encore une fois somptueux.

Les garçons ont bien suivi. Maxan s’est complètement transformé. Sa tenue est entièrement recouverte de terre et de sable. 

Nous repartons au RV Park les yeux remplis de nouveaux souvenirs. Nous nous faisons un nouveau combo gagnant : Jacuzzi – Feu de Camp – Marshmallows pour terminer cette superbe journée, avant de repartir demain matin.

Vendredi 29 Mai. 

Nous quittons non sans une certaine émotion ce parc incroyable, et nous faisons route vers Zion Park, situé au sud est. Pour rentrer dans le parc, il faut traverser un tunnel, surveillé par les Rangers. En effet, il n’est pas possible de se croiser à deux RV dans le tunnel. Les bords de ce dernier ne sont pas assez hauts. Il y a donc une circulation à double sens. En sortant du tunnel, nous nous retrouvons perchés sur une route de montagne. Le fond de la vallée est loin en-dessous. Le sommet des montagnes loin au-dessus. C’est grandiose. Très différent du site de la veille. Mais grandiose. 

Par contre, c’est plein de visiteurs. Les bas-côtés sont remplis de voitures. Ça fait bizarre, car il y a bien longtemps que nous n’avions pas vu autant de monde. Il n’y a aucune place pour Jay-Cee dans le parc. Le seul moyen pour le visiter, c’est de louer une voiture, et de tenter notre chance pour avoir une place, pour ensuite affronter la meute de gens. Très peu pour nous. En plus, il fait une chaleur insoutenable.

Nous décidons donc de rejoindre notre RV Park à la sortie sud de Zion, et d’aller se baigner dans la rivière qui le longe. Nous avons traversé pratiquement tout le parc avec notre RV, et garderons déjà de merveilleuses images de ce parc pris d’assaut ! 

Samedi 30 Mai. 

C’est une des grosses étapes du parcours. Nous partons pour Moab. Six heures de route au programme, à travers les déserts de l’Utah.

A la moitié du parcours, nous faisons halte dans une station service, histoire de faire le plein, car il n’y a plus rien sur les cent prochains miles. En repartant, après environ trente minutes de route, le moteur me fait une frayeur. Le pied à fond sur la pédale, la vitesse diminue doucement et je peine à tenir 50 miles à l’heure, alors que l’on peut tranquillement atteindre les 85 avec Jay-Cee. Pourtant, j’ai l’impression d’être en légère descente. Je suis en train de me dire qu’on va perdre le moteur, ici, au milieu de nulle part, sans réseau téléphonique, et que ça va être une grosse galère pour la suite du voyage. Mais au bout d’une dizaine de minutes, le moteur reprend du poil de la bête, sans raison particulière. Je ne comprends pas. Peut être une saleté dans l’essence que nous venons de prendre, conjugué à une forte chaleur, une grande altitude, un peu de vent de face. Ça reste un moteur atmosphérique, et il n’y a pas de turbo. Bon, tant mieux. La frayeur passée, nous poursuivons et rallions Moab en fin d’après-midi. 

Nous arrivons au camping, et allons nous rafraîchir dans la piscine, avec une superbe vue. Côté ouest, les terres arides de l’Utah, les portes de Canyonlands, et côté est, les contreforts des montagnes rocheuses du Colorado, à savoir la montagne La Sal. Moab, une sorte de frontière entre deux mondes opposés. 

Dimanche 31 Mai. 

Nous nous accordons une journée de repos avant d’aller visiter le parc national « Arches ». Nous allons au centre ville, histoire d’aller manger un morceau au restaurant, et de trouver quelques souvenirs, armés de nos plus beaux masques. Comme de partout aux Etats-Unis, le mouvement BLM « Black Lives Matter » est présent, bien qu’en proportion réduite. Quelques manifestants oeuvrent sur le trottoir de la rue principale, avec des slogans à la craie, ou sur des pancartes. Pas de violence, ni de mouvement de foule. 

Lundi 1er Juin.

Direction Arches National Park. Enfin ! 

Durant la préparation initiale en France, j’ai du me réveiller dans la nuit pour réserver dans le camping se situant au nord de ce parc. Un an à l’avance, pour pouvoir dormir une nuit dans cet endroit très demandé. Mais ça, c’était avant le virus. Ma réservation a été annulée alors que nous étions en confinement au Texas. Le parc a fermé ses portes. L’incertitude totale. Puis, au fil de notre avancée, nous avons eu une date de ré ouverture. J’ai alors tenté de réserver de nouveau dans le camping, mais c’était évidemment complet. Rien à faire. Alors nous voilà aux portes de ce parc, et c’est déjà très bien, vu la conjoncture ! 

D’entrée, le premier arrêt donne le ton. Nous allons voir de la roche spéciale. 

C’est splendide, encore ! 

C’est assez surprenant de se dire qu’à chaque fois que nous changeons d’endroit, le paysage est vraiment différent. Tous les parcs ou sites que nous avons fait ont une saveur particulière, un truc à eux, si bien qu’on ne se lasse pas de ce que nous voyons. C’est tout le contraire ! 

Nous nous arrêtons à « Balanced Rock », là où Dame Nature a fait un Kairn géant, avec un morceau de roche de 3 500 tonnes. 

Nombre de visiteurs laissent un petit Kairn, comme une empreinte éphémère de leur venue ici. 

La chaleur est étouffante, pas question d’envisager de longues ballades aujourd’hui. Nous irons droit au but, vers les sites caractéristiques. 

La route menant au « Devil’s Garden Campground », le camping tout au nord, est superbe. Il y a énormément d’endroits pour s’arrêter. Tout est très bien aménagé. On trouve toujours de quoi garer le RV pour prendre une photo, ou simplement admirer le paysage, et éviter de détourner le regard de la route.

Après un léger pique-nique, nous redescendons vers « Delicate Arch ». Sans doute l’arche la plus connue. Il y a deux options pour la voir : se garer sur le parking et faire une marche d’environ deux à trois heures pour la contempler de près, ou s’arrêter sur un autre parking un peu plus bas, et faire cinquante mètres à pieds pour la voir de loin. Vu la température, je vous laisse imaginer quelle option nous avons pris. Pour confirmer votre intuition, je n’ai aucune photo de l’arche, tellement elle était loin … 

Nous allons donc sur un site bien plus facile d’accès, « The Windows Section », plus au sud. Depuis le parking, nous accédons facilement et en cinq minutes à « Double Arch ». Incroyable ce que la nature est capable de produire. 

Nous escaladons la roche pour nous hisser sous la seconde arche et admirer la vue derrière, sur la « Parade des Eléphants ». Enfin… Admirer… C’est vite dit ! Nous sommes à flanc de falaise, avec deux petites chèvres à surveiller, alors on ne s’attarde pas sur le promontoire. La descente n’est pas si facile que ça, et nous prenons toutes nos précautions. Les hôpitaux sont loin ! Nous n’avons pas envie d’y séjourner de toute façon.

Magnifique « Arches ». Tellement dépaysant. On y aurait bien passé une nuit, mais nous sommes déjà très heureux d’avoir pu le visiter. 

Sur le retour au camping, nous trouvons une station de lavage à la mesure de Jay-Cee. On s’y arrête donc, le temps de lui refaire une beauté. Il l’a bien mérité, après tous ces miles avalés. Et puis demain, nous attaquons la route vers le Colorado et les montagnes rocheuses. Nul doute que les insectes vont se faire de plus en plus présents. Il faut partir d’une bonne base …

Mardi 2 Juin.

Direction Durango, dans le Colorado. Dès le début du trajet, nous passons devant un énorme rocher indiquant « Hole N’ The Rock ». Nous ne nous arrêtons pas, mais après quelques recherches, il s’agit d’une maison d’un couple de brocanteur, ayant mis douze ans à établir leur demeure dans cette cavité naturelle.

Nous arrivons à la frontière et guettons, comme à notre habitude, le traditionnel panneau de bienvenue dans l’état. Quelle déception avec ce panneau du Colorado. Tout est coloré dans le Colorado, sauf le panneau ! 

Tant pis pour la prise de vue, nous poursuivons notre trajet vers l’est et commençons à entrevoir de belles cellules orageuses au loin. C’est là que nous allons ! Il y avait bien longtemps que la pluie ne nous avait pas concerné.

Mais avant d’arriver à Durango, nous faisons une escale (et un sacré détour de presque trois heures) par le Parc National de Mesa Verde. Incroyable vestige d’une civilisation établie dans d’immenses grottes au bord du vide. Ces habitations troglodytes étaient occupées par les Amérindiens Anasazis, entre les VIè et XIVè siècles. Ces bâtiments demeurent l’un des rares exemples persistants à ce jour de la culture Amérindienne. « Cliff Palace » que nous n’avons pas pu visiter pour cause de virus, pouvait abriter jusqu’à cent personnes, dans près de cent cinquante pièces. Nous avons au moins la chance de l’observer à la jumelle depuis la colline lui faisant face.

Enfin, nous arrivons à Durango. Nous rejoignons le camping et nous installons dans un havre de tranquillité. Le camping est traversé par une ligne de chemin de fer. Celle accueillant le célèbre « Narrow Gauge Railroad ». Le train ralliant Durango à Silverton par une voie extrêmement escarpée dans les montagnes. Encore une « attraction » que nous devions faire, mais la ligne n’ouvrira pas ses portes avant la mi juin, et encore, ils n’en savent rien pour l’instant. 

Les garçons prennent leurs marques et ne cessent de traverser la voie ferrée. Quelques biches pénètrent au fond du terrain. Le calme règne.  

Nous en profitons pour installer l’apéro. Je ne vous en ai pas encore parlé mais nous avons mis un point d’honneur à goûter les bières IPA locales. Chaque région (état) brasse sa bière et fait sa production. Les design sont superbes, et le produit souvent à la hauteur de nos attentes. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, mais une petite mousse le soir, qu’est ce que c’est bon !

Mercredi 3 Juin. 

Puisque le train ne fonctionne pas pour le tourisme, nous irons à Silverton par la route ! Le trajet débute plutôt en douceur. Nous partons du camping qui se situe à environ 2000 mètres d’altitude, et nous montons doucement. Doucement. Doucement. Et de plus en plus doucement, car la route devient de plus en plus raide. Nous devons passer deux cols au dessus de 3200 mètres. Le mode « Tow Haul » de Jay-Cee est enclenché non stop. Le moteur chante dans les montées, et le frein moteur crie dans les descentes. Je conduis avec une extrême prudence. Les routes deviennent étroites et très sinueuses, sans rambardes de sécurité. Le vide de la vallée n’est qu’à quelques pieds de nos roues, et c’est d’autant plus impressionnant lorsqu’on roule dans un véhicule surélevé. Très franchement, nous n’avons jamais emprunté de routes aussi éprouvantes pour notre RV. 

Après une petite pause au sommet de Molas, nous descendons et arrivons à Silverton, tout de même perché à 2850 mètres. La ville doit son nom aux mines d’argent de la région, désormais fermées. Encore une ville minière traversée par la fameuse ruée vers l’or. 

Une rue principale et quelques commerces. Des vestiges des saloons et autres casinos de l’époque. Rien de plus. 

Les garçons souhaitent jouer aux chercheurs d’or et pratiquent le tamis.

Puis nous nous arrêtons un petit moment dans un mini square, où nous pouvons jouer de la musique sur des instruments à percussions en libre service. Quelle magnifique initiative ! 

Après cette belle visite, nous reprenons Jay-Cee pour rentrer. Dès les premiers mètres, je sens que quelque chose ne va pas. Tout l’avant du camping car tremble lorsque j’accélère. Ça s’estompe après une certaine vitesse. Mais dès qu’on repart après un stop, les symptômes reviennent. Houlala. Nous avons une route très délicate à prendre dans l’autre sens pour rentrer au camping. Une sollicitation du moteur à son maximum. Et une météo qui se dégrade. Que faire ? Nous décidons de prendre la route, et d’aviser en fonction des évènements. Je n’ai jamais conduit aussi doucement de toute ma vie. Tant pis pour les rageux qui font la queue derrière nous. Notre sécurité avant tout. Après une petite halte pour faire refroidir le moteur et les freins, nous repartons vers Durango, et nous atteignons notre destination. Ouf. Il n’y a plus qu’à trouver un garage pour faire inspecter Jay-Cee, car clairement, quelque chose ne va pas. Nous trouvons un garage Ford qui veut bien nous aider vendredi. Ça tombe bien, car demain nous avons réservé une sortie en rafting, pas très loin du camping. 

Jeudi 4 Juin. 

On prend Jay-Cee pour rejoindre le lieu de rendez-vous et s’équiper de combinaisons de plongée, gilets, casques et pagaies. Jay-Cee présente toujours les mêmes symptômes. Nous verrons ça demain. Pour l’instant, place à une petite descente sur le Colorado. Pour les garçons c’est une première, alors j’ai réservé un trajet très cool. Pendant 1h30 de descente, nous ne ramons pas une seule fois. A part un passage dans de petits rapides où le guide fait descendre les garçons. Une jeune fille est là spécialement pour encadrer et faire patienter les enfants mais les nôtres ne veulent rien savoir. Du coup Valou descend aussi, à contrecoeur, et je reste seul avec le guide pendant ce passage un peu plus dynamique. Rien de bien méchant tout de même. Toute la tribu remonte à bord et nous parcourons les derniers miles en contemplant les quelques biches et oies qui se montrent sur les rives. Les garçons ont le sourire. Du coup, tout le monde a le sourire. Nous rentrons au camping, le coeur et le portefeuille un peu plus légers encore.

Notre voisin vient nous parler et faire connaissance. Il s’appelle William et est originaire d’Afrique du Sud, là où il pilotait dans l’Armée de l’Air, sur Beechcraft King Air, un avion de transport léger. Désormais, il travaille en mode nomade aux Etats-Unis, où il est marié à une Américaine. Malheureusement, elle n’a pas pu le rejoindre au camping à cause du virus. Du coup il est seul dans sa caravane. Avec son gros pick-up et sa moto. Il écoute nos soucis avec Jay-Cee et nous propose dans la foulée de prendre son pick-up, pour tout le week-end. Super gentil ! C’est même incroyable, de proposer comme ça son véhicule à des étrangers. Il nous dit qu’il y a le plein et qu’on peut rouler 700 miles où on veut, histoire de visiter. Dingue quand même !

Nous lui expliquons que demain, nous devons amener Jay-Cee en réparation. De plus, nous devons rejoindre Estes Park sur les hauteurs de Denver,  en deux étapes relativement longues. On espère pouvoir faire la route dès que notre RV sera prêt. Nous verrons bien.

Vendredi 5 Juin.

Nous avons rendez-vous à midi au garage Ford. Jay-Cee part entre de bonnes mains. Près de deux heures plus tard, on nous informe que nos amortisseurs à l’avant sont morts, et qu’à priori, il n’y a pas d’autre souci. On nous indique un garage dans Durango qui pourrait nous aider dès aujourd’hui. Super. Après cette inspection gratuite (oui oui, ils ne m’ont rien demandé) nous arrivons à « Built to Last Automotive », un petit garage qui ne paye pas de mine, mais qui est équipé d’un pont à la mesure de Jay-Cee.

Après une inspection rapide, le mécanicien confirme pour les amortisseurs, mais surtout, il me montre autre chose de bien plus important. Une pièce de l’arbre de transmission est cassée. D’où les vibrations lorsque nous accélérons. Si on laisse comme ça, la prochaine étape sera une fuite, puis la rupture de l’arbre et donc, plus possible d’avancer. Génial ! Après une longue réflexion d’environ un quart de seconde (oui j’ai encore de bons réflexes), nous validons les travaux. La pièce pour l’arbre est livrée dans l’après-midi et le mécanicien débute cette réparation. Par contre pour les amortisseurs, ce sera lundi matin.

Nous devons rester à Durango ce week-end. J’appelle immédiatement le camping pour prolonger notre séjour, et je tente d’annuler les réservations vers Denver, mais en vain. Si tard, ils ne remboursent plus. On commence à se pencher sur la nouvelle planification du trajet. Si Jay-Cee est réparé lundi en milieu de journée, quelle destination peut-on rejoindre ? Si c’est plus tard, peut-être faudra-t-il rester une nuit de plus ici. Il y a beaucoup d’options. Le temps de réfléchir à tout ça, nous repartons en début de soirée vers notre camping. Et notre voisin vient immédiatement aux nouvelles. Il réitère son offre. Il doit partir en moto pour tout le week-end et n’a pas besoin de sa voiture. Il est à fond ! Vu la météo pourrie prévue demain, nous acceptons de prendre son véhicule dimanche, pour retourner à Silverton, et pousser encore plus loin vers Ouray. Merci Willy ! 

Samedi 6 Juin. 

Inutile de s’attarder sur une journée passée dans le RV, à écouter les flaques d’eau tomber sur le toit, et à regarder les trombes déferler dehors. On s’occupe de diverses manières, avec des jeux de société, un petit film, du dessin, des devoirs, de l’informatique, du ménage … etc 

Pendant ce temps là, nous …

Non mais ça va, je plaisante ! Les garçons participent au ménage ce qui est bien normal. Et ils ont aussi droit à leur boisson en même temps que nous …

Dimanche 7 Juin. 

Prise en compte du pick-up de Willy. C’est un gros bestiau, hyper répandu dans ce pays. C’est en tous cas le véhicule de 75% des campeurs. Celui ci est presque neuf. Avec énormément de place à l’arrière.

Le truc surprenant, c’est qu’il est équipé d’une boîte à dix vitesses ! Oui ! Dix vitesses ! Je n’ai jamais vu ça.

Sur la route menant à Silverton, ça n’a rien à voir avec notre RV. Nous sommes beaucoup plus sereins. Entre Silverton et Ouray, nous nous arrêtons quelques minutes pour admirer un élan sur le bord de la route. Route qui devient de plus en plus escarpée. A tel point qu’on se dit qu’on a bien fait de ne pas la prendre mercredi dernier. 

Ouray, c’est un village perché à 2400 mètres, connu pour ses sources d’eau chaude. Il est surnommé « la Suisse Américaine », pour son implantation au milieu des hauts sommets.

Mais finalement, à part ce fabuleux décor, pas grand chose à voir dans ce petit village. Les sources sont fermées. La rue principale offre quelques commerces. Dans un desquels nous mangeons un plat typique des montagnes, le fameux … Hamburger des montagnes …

Nous trouvons également un magasin spécialisé dans les chaussettes originales. Il y en a à l’effigie du président, avec la moumoute s’il vous plaît.

Sur le retour au camping, nous repassons par le col « Red Mountain » à plus de 11 000 pieds (environ 3350 mètres) d’altitude, où nous trouvons quelques vestiges de l’hiver.

Un peu plus loin, l’entrée d’une vieille mine, le point de départ de près de cent miles de galeries souterraines.

Enfin, une résurgence d’eau chaude nous offre un spectacle tout en couleur (et tout en odeur) à quelques miles seulement du camping.

Quel superbe dimanche. Rendu possible grâce à notre voisin. Une connaissance de quelques jours. Une personne incroyablement généreuse. Merci encore une fois !

Demain, nous devons ramener Jay-Cee chez le docteur. Espérons que nous pourrons reprendre notre trajet et filer vers les Rocheuses. Car nous avons encore annulé un passage à Estes Park ce week-end.

Cette pause a fait du bien, mais le changement nous manque déjà … 

#roadtrip USA

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1 commentaire

  1. Beau reportage, avec des détails sympas

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